La deuxième journée s’est bien passée excepté qu’on aurait voulu toucher aux voiles.  Tant pis. Nous nous arrêtons à l’île Saint-Quentin où des plans pour le cinéma sont élaborés, mais ils sont rapidement abandonnés au profit d’une partie de Monopoly familiale.  À force d’astuce et d’audace, votre barbu préféré remporte la victoire haut la main et ne fait qu’une bouchée des autres membres de la famille (y)

Départ matinal lundi, direction Québec. On salut le soleil et c’est reparti!

 

 

L’arrivée

Voici une photo des deux navigateurs à leur arrivée, Aye Becca à son quai, et enfin le capitaine qui peut lire un peu… Félicitations pour ce beau voyage!

Changement à l’horaire

Depuis Saint-Michel, il s’est pas passé pas mal de choses, moins palpitantes mais bien plaisantes.  D’abord, notre arrêt à Neuville, juste avant Donnacona.  Ils ont un beau chalet et plusieurs choses à voir dans le village, nous en avons aussi profiter pour nettoyer un peu le bateau.

Puis, nous sommes arrêtés à La Riviera Batiscana.  Il y a là une plage magnifique, certains habitants ce sont même installés des parasols style palmiers, comme dans le sud.

Pour la suite, nous avions prévu de faire un dernier arrêt à contrecoeur avant de revenir par chez nous.  Malheureusement, aujourd’hui il y avait une veille d’orages violents.  Selon les prévisions, nous aurions croiser le mauvais temps en arrivant à Sorel.  Il est possible de mouiller dans les îles pour ce protéger, mais comme nous n’y sommes jamais allés, nous avons préféré rebroussé chemin pour revenir à la marina de Trois-rivières.  Donc pas de mésaventures pour ce soir, mais nous nous sommes dit qu’il est mieux de les éviter quand c’est possible.  Nous allons essayer de parler aux habitués de la place pour avoir des avis différents, des conseils.

Donc notre retour est retardé, mais ça nous permet de découvrir de nouveaux endroits.

Un peu plus tard ce soir des photos, certaines amusantes ou impressionnantes, pour illustrer ces derniers jours.

On est pris! – Suite et fin

Bon, il est temps de reprendre où on vous avait laissé. Mais d’abord, un petit résumé s’impose.

Se réveillant à 2:30 du matin, tous fébriles à l’idée de partir de nuit, nous larguions les amarres fièrement et silencieusement pour ne pas déranger nos voisins toujours à quai vers 3:10…

Il est maintenant 4:10. On a touché le fond et nous sommes immobilisés à la sortie de la marina de Saint-Michel depuis une bonne heure. Nous avons dérogé de l’enlignement; quatre pieds plus à droite et on passait.  Notre première tentative pour nous libérer, qui consistait à tirer sur la drisse de grand voile pour faire basculer la quille, s’étant avérée infructueuse, nous envisageons quelques alternatives.

Premièrement, et la solution la plus évidente, c’est celle de repartir avec la marée qui ne manquera pas de remonter prochaînement.  Mais, nous avons peur qu’elle nous déporte vers les rochers maintenant visibles sous les faibles lueurs du jour.  Deuxièmement, comme l’eau a beaucoup baissée sur bâbord, nous imaginons qu’il peut être possible de débarquer sur les rochers et ainsi gagner de la force en nous éloignant du bateau.  Cela nous permettrait en effet d’augmenter l’angle lorsque l’on tire sur la drisse reliée au haut du mât.  Normalement, on peut utiliser un dinghy pour s’éloigner ainsi (c’est une petite chaloupe à moteur qu’on traîne pour débarquer à terre quand on a jeté l’ancre), mais le nôtre (pas gonflé) n’a pas de moteur et de toute façon il n’y a plus d’eau!  Des deux, je suis le meilleur nageur, donc c’est moi qui est désigné pendant que l’autre reste au moteur.

Vite, je change de pantalon et enlève mes souliers (il y a beaucoup de vase et j’ai du linge sale en quantité), mais juste avant de nous jeter par dessus bord (moi et ma barbe), nous nous arrêtons pour réfléchir.  Ce genre de situation, comme l’a si judicieusement fait remarquer François V. dans les commentaires plus tôt, justifie un envoi d’appel au secours, pas un Mayday Mayday, réservé aux urgences graves (menaces pour la vie), mais un Pan Pan-Pan Pan; notre situation étant plutôt gênante pour la circulation à l’entrée de la marina…et pour notre orgueil!  Avant de se mouiller et de forcer comme des bons sur la drisse, nous décidons de sortir un peu d’humilité et l’aide-mémoire pour les appels radio de détresse.  En effet, si l’on peu obtenir de l’aide et éviter ainsi de se mettre en « danger » en débarquant du bateau…

Rapidement, les lève-tôt de la région de Québec peuvent entendre sur le canal 16 : « Pan pan, Pan pan, Pan pan. Toutes stations, toutes stations, toutes stations. Ici Aye becca, Aye becca, Aye becca… On est pris! » Bon. On a donné plus de détails que ça, mais en substance c’est ce qu’on a dit pour commencer.  Bientôt s’amorce une conversation avec « Radio Québec sauvetage » et une fois notre situation expliquée, on nous conseil d’attendre que la marée remonte pour voir si on est capable de se libérer. Tout ça considérant que le niveau de l’eau est à son plus bas (il est 4:20) et que dans une heure, nous serons revenu au même point qu’à notre départ.  Une heure c’est aussi le temps qu’il faudrait pour dépêcher quelqu’un de Québec pour nous aider, ce qui s’avèrerait bien inutile si nous étions capable de nous libérer par nous-même, n’est-ce pas ?… D’un commun accord, nous décidons donc de laisser le temps (et la marée) faire son œuvre….

Et les rochers dans tout ça?

Bah. On a un moteur, non? On est sûrement capable de les éviter.

Quarante minutes plus tard, ce que nous espérions se produisit. Un léger mouvement se fit sentir vers l’arrière, la marée montante (le flot) nous repoussant vers la marina.  Reprenant le contrôle de notre navire, je m’empresse de me positionner dans le chenal étant aidé de FC : debout sur le pont, pointant du côté vers lequel je dois virer pour compenser l’effet de dérive occasionné par le courant. Un virage à 90 degrés à l’Ouest une fois passée la bouée K141 et direction Montréal !

Pfff! Les doigts dans le nez 😉

Le radar fonctionne!

En attendant de raconter la suite de nos aventures à Saint-Michel, je peux bien vous parler des améliorations qui ont été apportés pendant qu’on était au Bassin Louise.  Merci beaucoup à Charles, technicien chez Global Marine, qui nous a installé un détecteur de propane, une nouvelle pompe de cale avec une valve anti-retour, un allume-cigarette dans le panneau de contrôle (pour charger nos téléphones)  et le radar! Nous avions essayer de l’installer à plusieurs reprises, mais il faut croire qu’on ne s’y prenait pas de la bonne façon… Maintenant il fonctionne à merveille et nous nous pratiquons à l’interpréter pour le jour (ou la nuit) où nous en aurons vraiment besoin.

Bref, tous ces beaux gadgets ne nous ont pas aidés pour sortir de la vase :p  Par contre, la radio VHF, dont, jusqu’à la veille au soir, nous ne savions pas si elle émettait, nous a permis d’obtenir une aide non négligeable..

À  suivre…